Archive pour février 2009

Culot

Voici tout de même ce que l’on nous a servi hier à 15h :

“Allo ? Bonjour monsieur le malotru,

Visiblement le téléphone que vous tenez n’est pas le vôtre, puisque c’est le mien et qu’on le cherche depuis ce matin. Qu’avez vous à dire ?”

“On me l’a vendu”

“Ca me paraît bizarre parce que en tant que proprio, l’objet n’était pas à vendre. On vous laisse une chance : vous rapporter l’engin portatif  à 16h ici et la police de ne s’en mèle pas”

16h => rien 

(on a tenté mais on savait déjà)

On essaye de rappeler.

bip bip bip

On tombe sur mon répondeur (on a vraiment une drôle de voix, beuurk, pas du tout comme on se l’imaginait)

 

Puis je réalise. Tétanisée.

(l’heure d’utiliser Face book?)

Pink Party

Le thème, c’est rose et pour pour que ça rentre bien, c’est un menu tarama – entrée, plat et dessert.

 

Voici la géographie.

Au salon: 

“Coucou, ah ça fait longtemps !”

“Tu m’étonnes , là j’ai vraiment pas eu le choix”.

“Je te reconnais vachement physiquement”.

“Ah bah en même temps oui j’ai pas changé changé.”

“Non mais t’as la même bouille, c’est rigolo”

“Toi, on te retrouve aussi telle qu’on t’a laissée”  (c’était pas une bonne nouvelle, mais c’est passé nickel)

“Ca va ? alors raconte moi depuis le bac promo 97, c’est comment ta vie ?

“oh moi tu sais… allez, ta ta ta , parle moi de toi plutôt” (je connais TOUTES les techniques)

“Moi tu sais, j’ai vachement changé. Après un DESS docu-éco, j’ai compris que ce que j’aimais en fait c’est faire du business.”

“Radicale comme girl quoi” (ça aurait pu me plaire, mais je sais pas, pas comme ça) 

“Et du coup ?”

“Bah, je commence à la Sogé dans quinze jours.”

“Wow, ta vie ! Ca déménage.”

“Mais, j’ai un enfant aussi, et un  mari qui fait du contrôle de gestion mais la partie audit interne, il voyage beaucoup”.

“N’en jette pas plus, j’ai la bave aux lèvres”

“Et toi ? “

“Moi ? Pleins de trucs, mais je pense pas que ça va te parler”


A la cuisine :

“Alors attends le petit a eu la gastro. J’ai eu peur peur peur. Il est devenu tout vert”

 

A la salle de bain :

“à 5 mois de grossesse, tu vas voir, tu commences vraiment à avoir toujours la nausée”

 

A la salle à manger : 

Grand jeu concours. 

Meilleurs moments. On décrit la future mariée avec des mots.

On est 23. 

J’ai noté, avec l’huissier, 10 fois le mot “vin rouge”, 13 fois “apéros”.

 

 Ca fait toujours plaisir de voir à quel point vos amis savent parler de vous …

(Vous l’aurez noté, on a des points communs avec la mariée)

hum

A. me fait :

“En fait, il me semble que ce que tu dis, c’est, indeed, exactement, ce que dit EPICURE

Je lève un sourcil :

Ah oui ?  

C’est fou, tout de même, qu’un type, pourtant pas du tout de ma génération, et qui n’a donc jamais pu me rencontrer ait pensé les mêmes choses que moi, nan ?

Demande de Stage

Il nous arrive un truc marrant ce matin

Une candidature arrive.

Une cheloue.

Jean et Jean-Jean qui postulent … ENSEMBLE (?!)

“Nous sommes à la recherche d’un stage à réaliser en commun, du 05/05/2009 au 27/06/2009. ”

Après avoir rapidement évacué l”hypothèse d’une blague (qui aurait pu être bonne), nous nous interrogeons. 

C’est quoi ce combo ?

D’autant que ça a l’air d’être régulier, les salopiots.

“ les différents emplois saisonniers que nous avons effectués nous ont permis de développer notre sens des responsabilités l’un avec l’autre,  ”

Bigre !

Que répondre du coup ? 

“Moui. Je sais pas je trouve que l’écriture automatique de Jean est mieux que celle de Jean-Jean et puis il fait mieux ses i sous word”.

Allez, nous creusons un peu : 

“Le cursus scolaire que nous avons suivi nous a permis de d’aborder les technologies de l’information et de la communication au travers de la maîtrise des logiciels principaux, la gestion commerciale par l’étude de cas, la comptabilité …blilbli ….blibli… bref on est une sacrée team”

Bon.

Nous notons surtout que c’est vraiment chiant les lettres de motivation : on n’y apprend rien, et au final, on ne retient que la formule de politesse “L’expression de nos salutations distinguées.

 

Alors, nous avons dit aux Demoiseaux de Rochefort  : “Non, désolée, no zob in job here

(mais ils avaient pas mis leurs photos aussi !)

 

Bonne transition pour cet article du Nouvel Economiste de ce jour qui s’ébahit que de plus de plus de managers sombrent dans la névrose. 

nouvel-eco

http://www.lenouveleconomiste.fr/JV/JVLNE1465/index.php

Bah tu m’étonnes. Pas besoin d’avoir bac + 8 de psychologie pour savoir que faire vendre des produits inutiles à une masse d’ignorants de plus en plus conséquente, le tout avec la bourse qui s’effondre, mène forcément droit au gouffre.

Mais qu’ils se réjouissent, en guide de pot de départ pour aller se faire soigner, ils auront leur ode au travail :

“Non bravo Jean Ferrero, cette stratégie basée sur l’abrutissement des plus jeunes avec spots TV agressifs diffusés sur la tranche des dessins animés du matin s’est finalement révélée assez payante”.

Les amis

“Franchement Ariane, on en parlait avec framboisette et on se disait, merde !! on comprend rien à ton blog !! Alors, de deux choses l’une, soit tu fais un effort pour qu’on puisse s’investir aussi (blagues, commentaires, insultes…), soit, nous on arrête ! Hein, bon, systématiquement tu soustraites, bon, moi j’veux bien, m’enfin ça va quand meme mal se met’, hein, bon… !”

ha ha ha

Et pourtant dieu sait combien je les aime mes amis. Mais ils sont redoutables. 

Ils allaient TOUT pourrir, TOUT LE TEMPS, “juste pour rire” qu’ils me disent.

“On passe pour des cons dans ton blog”

“Pffffii, mais ta soirée à Essonne, elle intéresse personne”

“Puisqu’on te dit qu’on lit pas ta merde”

“T’es plutôt dans la moyenne comme fille, mais en moins fraîche”

“On t’a trouvé un créneau pour ta réunion aux AA, par contre on peut pas t’y emmener, désolé, on part au ski”

“Quand tu dis que “tu te tiens les deux seins dans les bras de rire”, c’est une image bien sur ? parce que ils tiennent au creux de ta main, bichette, hein”

“Tes écrits ont cette simplicié bonhomme qui fait ton charme, mais n’hésite pas à te réfréner et moins poster, bref ménage tes contemporains”

….

Et sinon, les lapins, je peux venir pour vos vacances de l’amour cet été ? Apparement l’année dernière, vous n’avez pas réussi à couler un des deux bateaux et tout le monde est bêtement revenu vivant. Mais cette année, on va pas se louper.

Ca pourrait vous arriver

Le Grand Félin, en plus d’être grand et d’être félin, il travaille dans la concession de voitures. Il est chef de tous les garagistes de l’Ile de France si je résume. 

Pour comprendre un peu mieux, on s’est fait une journée type, et voici ce que j’ai retenu :

Ca commence tôt dans l’industrie du 4 roues, à 8h.

Avec son automobile, il sillone les routes.

Les garagistes sont ses meilleurs amis (avec les produits laitiers).

C’est d’ailleurs visiblement une population avec ses codes, son langage, ses blagues “Alors la petite dame, je lui ai demandé si elle voulait pas plutôt que je la vidange. ouarf ouarf“. Bref, un peu comme les coiffeurs, mais sans le côté grandes folles.

Il faut savoir être ferme “Visiblement, vous n’êtes pas des maniaques de l’efficacité”

Mais tolérant à la fois : il sait exactement quand il faut payer sa tournée d’huile de moteur.

Cela fait BIEN longtemps que les tâches de camboui n’entament plus sa superbe.

Il sait que quand on lui dit “Monsieur Du Grand Félin, vous pouvez me faire évol ?”, c’est que la personne lui demande si il peut faire quelque chose pour augmenter son employabilité.

 

On en était là, quand à un moment,  j’ai bien vu que son regard commençait à pétiller d’une lueur vive et que sa pression sanguine augmentait.

Il me dit :

Le truc vraiment au poil, ce sont les restaurants où tu t’arrêtes pour déjeuner

“Je suis désormais imbattable au Trivial Poursuit des Mac Drive d’IDF” (pour ceux qui le cherchent, il est peu distribué)

Puis, soudain, plus mystérieux :

Surtout, j’ai mes entrées

(Je suis obligée de tout vous mettre)
carte-1

carte-2

Vous pouvez pas bien lire mais

Au Bistrot du Boucher, on a beau être à côté de la N20, on est plongé ”au coeur de la cuisine française“.

Au bistrot du Boucher, on rigole pas avec les clients qui aiment la bidoche, on se paye même de belles tranches.

Au bistrot du boucher, au bout de 50 pavés sauce moutarde, on vous livre votre poids en boeuf.


Ca nous change de tous les Fuxia de Paris et ses pâtes légèrement citronnées.

(Vous noterez qu’on est aussi bien loin de votre carte des Planches -année 90 et de celle de Régine -année 2000, qui pourtant, je vous connais, vous a valu de grandes heures de gloire)

Une bonne soirée

C’est quoi en fait une bonne soirée ? 

Souvent quelque chose de peu prévisible, quelque chose de sincère à vous en désarmer un juge d’instruction, par exemple, un lundi soir. 

C’est pas le soir des machines et des courses, normalement ?

Passe ton chemin, mon petit enfant, ici on est plus “paranormal”

Il y a des ingrédients obligatoires ? 

Bien évidemment, tu crois quoi que les pommes se font avec des compotes Andros?

Alors un exemple ? 

Déjà un lieu (les disquaires), ensuite une bonne musique  (croisement de Bob Dylan et Conor Oberst), des verres et le sens du terrain et de la proximité avec des amis motivés dès le lundi (créatifs de tout poil, jeunes pousses internet, vieux lascars des télécommunications, éditeurs papier petit format)

Et en terme de timing ? 

20h-21h : premiers verres, échanges des uns avec les autres, des autres avec les uns et des uns sur les autres.

21h-22h : concert n°1 et beaucoup d’entente “Tiens,toi aussi tu as internet ?”

22h-23h : concert n°2 et Grenelle de l’environnement sur “On a tous assez faim”

Jusqu’ici, mouai, ça ressemble à une soirée, c’est quoi la “spicy sauce” ?

Chacun désire secrêtement quelqu’un.

C’est tout ? 

C’est déjà pas mal.

Et qui a fait le plus de blagues ? 

Moi.

De bonnes, je veux dire ? 

Ah.

Les gens ont été content ? 

Oui, si on regarde la facture.

Mais vous avez parlé de quoi ? 

De pleins de trucs différents. C’était United Color of Benetton. Je crois que le point d’orgue s’est fait sur Scott Walker (curieux avec le recul).

Vous étiez bourrés ou quoi ?  Scott Walker tout de même en 2009 … 

Hum. 

Et quoi d’autre ? 

D’astrologie Chinoise. On a étudié sous toutes les coutures le signe du lapin, ces hommes tranquilles (né en 1975 pour ceux que ça intéressent).

Intellectuellement, le lapin avance à son rythme

Il est complêtement con, quoi.

Ha ha ha. Oui. On a d’ailleurs très vite changé de sujet. (3 lapins à table)

Ah bah non, c’est dommage, c’est SI passionnant comme sujet l’astrologie chinoise (gnak gnak), et toi t’es quoi ? 

Singe. Le plus tranchant de tous les couteaux. 

Vraiment ? Moi, j’avais en tête ceci, Cheeta :

“Une pincée de modération, et quelques grains de répit sur une activité débordante rendraient la vie de tout le monde beaucoup plus reposante”

C’est quoi tes sources, Tarzan ? Moi j’ai ceci à ma droite de ta liane en plastique:

“Quoi qu’il fasse, on ne parvient pas à lui en vouloir tant il a de charme et tant il est habile dans l’art de plaire…”

Bon, enfin, visiblement, on aura la paix car ça finit plutôt mal : 

“Le singe  aura une vieillesse solitaire et mourra loin de sa famille”.
Raoul, tu lasses tout le monde là. On t’a pas expliqué qu’il faut pas rester mille heures sur le même sujet ? Sinon, tu perds ton auditoire.

Soit, et alors le lendemain d’une bonne soirée ? 

Impec.

Même pas mal à la tête ? 

Rien n’arrive à personne que la nature ne l’ai fait capable de supporter“, Marc-Aurèle te dit

Les gens ont fait un débrief par mail ? 

Oui, on cherche à démeler le vrai du faux en parlant littérature et cinéma, donc c’est pas évident.
 
Rien de fou quoi.

Bon Dimitri, avec ta tête de repris de justice serbe, t’es lourd à la fin.

Il te faut quoi pour être satisfait ? On te vend de l’animation en barrique dès le mardi matin et ça va toujours pas.

J’espère que t’as bien fait tourner toutes tes machines.

Problème de wording

T (toujours le même celui qui bosse chez Darc Morcel),  il doit répondre à un mail pas simple et pointu d’un apprenti sociologue qui a le sens de l’observation et visiblement l’amour du détail et de la langue française :

“Bonjour,
Après visionnages des films, j’ai remarqué qu’il y avait des pratiques peu classiques, du genre “léchage des aisselles” et “léchage des doigts de pieds”. Je ne sais pas si c’est courant dans les prods gay et si ça porte un nom, mais merci de me tenir au courant si c’est le cas.
Bien cordialement.”

Mais, diable, que fait le Petit Robert ? 

Pensez-y

Vous pouvez toujours continuer d’aller consulter des médecins qui vous admistrent des médicaments qu’ils ne connaissent guère dans un corps qu’il ne connaissent pas. 

Mais sinon, il y a ça (là, en dessous)

Ne boudons pas notre plaisir. Voici une sélection.

 

Pour S qui broie du gris foncé aujourd’hui, tout mousou :

stephane

Quand vous devez avoir le rendement d’un ouvrier japonais dans la bonne humeur du crazy horse:

chef

 

Un truc qu’on m’a offert mais je sais pas pourquoi. (Ah attendez, on me hurle dans l’oreille “on te dit pour le côté “frou frou”)

(hum)

froufrou

 

Et pour tous, ha ha ha, des bonnes barres de rire : être un canal de la sagesse universelle, s’il vous plaît. Pas plus. Pas moins.

sagesse-universelle

 

A cet instant, oui, je sais, j’ai perdu la partie la plus masculine de mon lectorat. Mais, demain, on parlera de “Comment faire plaisir à un garçon” promis.

(Avec témoignage des déçus et des heureux pour bien comprendre où, et à quel moment précisément, le bas blesse).

Sobriété

Les conséquences post-opératoires de l’arrêt de lalcool ne finissent pas de me surprendre.

J’observe, depuis quelques jours déjà, mon cher ami Baudelaire qui a arrêté de boire. 

Après sa cuite réelle à l’eau de rose, déjà sympathique, voici 20h11, l’heure des dilemmes :

“Alors je prends quoi, ananas, raisin, banane comme jus ? Je te jure c’est pas SI évident de trancher”

Je lui conseille le jus de tomate.

Mais il aime pas.

Bon.

La serveuse arrive

Vous prenez quoi ?

Baudelaire :

Je ne sais pas, je bois plus, et votre carte, franchement, ça m’aide pas. Fascistes !

Elle, gentillement :

Un jus de tomate ?

“Raah, mais puisqu’on te dit qu’on aime pas le jus de tomate”

Comme on va pas y passer la soirée, je commande de mon côté un verre de Vouvray demi-sec.

Puis, sans crier gare (on avait, la serveuse et moi, la tête tournée), il lance :

et moi un fondant au chocolat, SVP”

On a cru mal comprendre, on fait répéter, on se fait confirmer. 

Puis, il me regarde, hagard:

“Bah écoute, c’est le même prix qu’une orange pressée”

Alors, j’ai cherché à le piéger :

“Non, mais bichon, tu vas reprendre l’alcool un jour,  non ? Allez la bière quand même, dis ? Tu vas pas t’enfiler des fondants au chocolat en apéro toute ta vie, hein ? “

“Après tu vas être tout pas drôle comme mec en plus”

Il a pas répondu tout de suite mais j’ai senti qu’un trou venait de se faire dans sa conscience.

“Hum, je reprendrai quand j’en aurai vraiment marre du côté sobre de la chose”


Je lui donne 2 semaines pour se remettre à la vraie levure, celle des pintes.

Le brief

P* doit rendre ses images pour 14h.
Pour faire simple, le brief : c’est le savon, et il doit pondre la Provence. 

 

Ca m’a rappelé les relations client/agence de Danoninio et BE pour TC.

Quand t’es le client, t’as la belle vie parce que globalement t’as le portefeuille.

Tu peux tout dire, tout faire, tout demander : 

Nous ce qu’on veut c’est pour le prix d’un rouleau de Sopalin et dans 10 jours, une pub avec plein d’effets spéciaux et la ribambelle de déclinaison 3D qui va avec : street marketing, presse, affichage, goodies, radio, flyer et T Shirt qui passent en machine

Tu fais un brief réduit à minima :

Produit : des biscuits fourrés aux fruits tout mou mais un peu croquant aussi et fondant dedans

Image de marque : entre gourmandisme et dandisme 

Marque Ombrelle : Danoninio et tout ce que ça implique (pas de filles nues pour vendre, pas de parents divorcés)

Objectif marketing : faire du gros chiffre

Mais encore ? 

- en faire consommer plus souvent (fréquence) = la nuit 

- en faire consommer plus (quantités) et on s’arrangera avec le PNNS avec le coup que il y a une orange par paquet.

Objectif de comm : faire un pont entre le passé de la marque et son futur, moderniser son image de marque, faire moins Oscar Wilde, plus Ruppert Everett.

Tu  claques aussi sans vergogne des contraintes fortes et obscures, parce que tu sais que l’agence aime les défis :

Etre appétent, être insightfull, être fidélisant, ne pas avoir de confiture “qui fait fluo dans la démo“, et ce fameux “si on coupe le son, on doit tout comprendre et pouvoir citer 6 fois la marque sans les mains

L’agence prend alors le brief sous bras et part travailler.

10 jours passent,  on se revoit.

Embrassades de tout le monde comme si on venait d’échapper à un crash d’avion. Le monde de la pub est très tactile.

Les créatifs expliquent tout le processus de création (l’herbe et les joints en moins) :

“Alors on va faire une distribution de préservatif goût passion pour votre nouveau produit fourré à la passion, et on va louer un  char pour la gay Pride, ouai,  ça va bien modernier le côté brit du truc, à la fin on dit “hum, et en plus c’est bon

Silence appuyé. 

Puis gêné.

On demande au plus junior d’aller sous la table pour dire ce qu’il en pense (usuel dans le métier, comme la galette des rois sauf que tu joues ta place d’as)

Bafouilles du chef de produit junior :

Pas mal, oui bon pas trop dans l’image de marque mais j’imagine qu’on verra le logo. Un poil excentrique peut-être mais en même temps, oui, ça te colle l’eau et l’envie à la bouche

Coup d’oeil rapide mais expert vers son directeur marketing. 

Retrournement de veste et de chaussettes immédiat.

Après bon non ca va pas :  pas assez Huuuumm et beaucoup trop Haaaaaaan

Tout le monde donne son avis, les créatifs repartent bosser. Sauf qu’on les verra plus, on les a vexés. Après on se cogne que la commerciale en jean APC et tunique Maje.

Réunion 10 jours plus tard.

Re-calinades. Le monde de la pub reste toujours et en toutes circonstances tactile. C’est sa force.

La pub est devenue consensuelle comme un Caprice des dieux qui aurait envie de sortir avec le plaisir des choses simples de Herta :

Deux français, doublés par des anglais, mangent des biscuits sous une véranda pendant que Zidane joue au foot derrière avec une orange

Mais le client est content.

Et un client content, c’est 50 millions de consommateurs heureux. C’est pas encore mieux que “Plus belle la vie” ça ?

Les Illusions Perdues

T. vient me montrer tout fier le mail qu’il a reçu tout à l’heure :
“Salut c’est Lola,
Je n’avais pas eu le temps de te répondre à ton message et je m’en excuse. Je ne suis plus sur Internet (ndlr : hum hum) en ce moment car j’ai trouvé un petit boulot.
Je suis OK pour une rencontre. Je recherche une aventure sexuelle. Je suis celibataire et j’habite pas loin de chez toiVoici une photo de moi, desolé pour la casquette c’est pour garder un peu mon anonyma.
Voici mon tel : 06 99 77 82 29
Je suis libre cette semaine et la semaine prochaine, je peux recevoir …
Lola”

Là dessus, le voilà qui part sur 60 bonnes minutes de questionnement pascalien :
T. concentre-toi  : quand as-tu contacté une meuf par internet….?”  
Sur quel site, elle aurait pu avoir mon adresse ? ”
Et surtout ce doute tout masculin : “Est ce vraiment à MOI, qu’elle s’adresse ?”

Il a eu si peur.
Je me suis dit qu’il fallait que j’appuie là où ça ferait mal pour mieux faire sortir la douleur.

“C’est du spam man = des mails pas vraiment désirés, ni vraiment ciblés”

Il a pas voulu comprendre -ou admettre :

“Non mais attends, c’est ce que je me suis dit mais  le mail type à l’air plutot bien foutu ….y a même une photo dépitante avec”

J’ai continué, tel Balzac, impertubable, sur la destructrion des illusions :
“Reviens à la source, relis le texte, c’est pas très crédible”
Puis le coup de grâce, pour éradiquer le tout :
“Jean-Jean, un mec qui travaille dans la ville où il est né, Marmelon, a du le recevoir”

Ca a fait le bruit d’un truc qui se décroche dans sa tête.
Il a été tout déçu. (je le connais).
Puis il s’est vengé : 
“Tu devrais faire ça pour tes NL…t’aurais un taux d’ouverture un peu plus elevé”

Culture, mon amie.

Ca m’a exité 5 min, et puis c’est en train de m’abattre :

 
blog

Forum doctissimo

Il y a 3 mois, visiblement Jean Curieux se demandait comment exiter les filles :

“Les mieux pour répondre a cette question ce sont bien vous mesdames. Je voulais savoir ce qui exite les femmes chez un homme. Par exemple, pour nous les hommes, ce sont généralement, les jambes, la poitrine, et les hanches.
Et pour vous, mesdames ?”

La demande est honnête, l’entrée en matière polie et les cartes mises sur table non truquées. 

Réponse fille N°1

“si il est doux gentil tendre et propre de plus il me respecte, si avec lui je suis en harmonie”

Réponse fille N°2

“J’aurai envie de dire sa voix”
Réponse fille N°3

 

“son imagination et son regard”


Avec T. on pense qu’il a pas trouvé son compte le monsieur qui posait cette question.

Une journée avec K.Hudson

Savoir que mon abonnement à Elle est une erreur ne me console pas, mais tant qu’il arrive à domicile, je suis bien obligée de me le farcir.

Fonçons sur la rubrique “Une sacrée journée avec ..” en page 178. Cette semaine Kate Hudson.

(Belle démonstration pour ceux qui en doutaient encore que le people est vraiment un être primaire, la cheville toute gonflée et le cerveau tout melon)

J’ai besoin de beaucoup de sommeil, mais j’ai la chance de pouvoir me lever vers 10h. Mon métier que j’adooooore me laisse libre de régler mon réveil avec le soleil. Mais en fait, souvent, c’est mon fils, un ange de 10 ans qui n’a jamais pleuré petit, qui vient me réveiller en me caressant les cheveux. Ici, il fait beau toute l’année, et le reste du temps c’est l’été, c’est vraiment formidable la Californie ! Pour le petit-déjeuner, je me presse deux oranges avec un muffins et un peu de confiture de cassis (je suis si gourmande !) mais quand je n’ai pas le temps, je me fais un smoothie au kiwi. C’est mon nutritionniste coach qui me conseille. Ensuite, je part à l’agence. J’adore cette sensation de liberté en Cabriolet. On me donne deux trois textes à répéter, je plisse le front car je comprends pas toujours, et puis je donne tout à ma doublure parce que c’est déjà l’heure d’aller chercher mon fils pour le déjeuner :  je ne comprends pas ces mamans qui laissent leur enfant traîner n’importe où, à la cantine, par exemple. Ensuite, pour évacuer mon énergie, je me ballade, je répète un peu, j’envoie une pensée à Obama. Lui, c’est fou comme il m’a donné envie de me ré-intéresser au monde autour de moi. Je suis si fière d’être américaine. Mais il est déjà 18h (ndrl : et je n’ai lu aucun livre), c’est incroyable comme les après-midi passent vite en Californie ! Le soir, j’aime bien recevoir simplement mes amis, on fait les fous. Par exemple, il nous arrive de manger du caviar avec des cuillères en plastique, sinon, on regarde mes films et on écoute du (ndlr : ?) Beyoncé.  Je n’ai pas d’homme dans ma vie, mais depuis que j’ai divorcé, on me prête des liaisons avec tout le monde, même des filles, ah qu’ils sont coquins ces paparazzis :  je les déteste, déteste, déteste. En me couchant, mon fils me dit “maman tu es belle” et c’est vraiment le plus beau des compliments pour moi vous savez. Avant de dormir, je pense à ma grand-mère et je m’endors d’un sommeil profond et réparateur de toutes mes rides”

Encart : J‘adoooooore Paris, j’en profite pour faire du shopping (ndlr : tiens, comme c’est original…) je vais chez Colette, dans le marais et dans les boutiques rue des Francs-Bourgeois (ndlr : dans le marais quoi).

 

A la fin, nous, lectrices, si on aime encore la nature humaine, c’est vraiment qu’on est pas très rancunières car nos vies à côté, c’est Shrek : indifférence généralisée du métro le matin, teint pâle, humeur de neutre à désagréable, 6h de sommeil par nuit, hivers 7 mois sur 12, courses au Shopi. 

Mais ne vous laissez pas avoir, on vous leurre.

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